Un, deux, trois. Je me lève. Quatre, cinq, six. Je me rassois. J'écris.
Il y a des périodes comme ça, où l'on ne sait pas ce que l'on veut. On ne sait pas où l'on se trouve, on ne sait même pas ce que l'on ressent. Je suis paumée, il faut le dire. Je m'énerve sans m'énerver, je râle sans râler, je m'enferme dans une coquille sans en avoir la raison.
C'est ça, en ce moment. Je me cache, je me ferme. Et je ne sais pas pourquoi.
Je pourrais qualifier cette sensation de drôle. Du moins, au départ. Mais maintenant, je ne sais pas quoi faire pour sortir de cette léthargie. J'ai l'impression qu'un voile couvre mes yeux, comme pour m'empêcher de voir quelque chose. Ou bien mon coeur qui se comprime pour m'empêcher de ressentir la douleur.
Quand j'y repense, je crois savoir ce qui m'arrive. Je pourrais vous en parler, à vous, Arty et Lou, mais c'est dur à faire sortir. Si je m'exprimais, je serais forcée d'accepter la réalité des choses. J'en ai marre.
Ma mère, de son côté, a compris que quelque chose n'allait pas. Tous les soirs elle vient dans ma chambre pour discuter. Je n'ai même plus la force de la rembarer. Je n'ai pas non plus la force de lui répondre.
J'en ai marre.